Après un premier échec, l’université Lille-II reprend et corrige son dispositif de télé-enseignement en médecine

Santé

Après un premier dispositif de télé-enseignement peu concluant, l’université Lille-II renouvelle son expérience auprès des étudiants en première année de médecine de Boulogne-sur-Mer en la modifiant quelque peu. Derrière cette décision et la volonté de corriger les défauts de la première expérimentation, apparaît aussi en filigrane un différent avec les collectivités qui ont apporté le financement et ne voient pas d’un bon œil l’abandon pur et simple du dispositif …

L’université du droit et de la santé Lille-II avait mis en place depuis 2009 le programme d’enseignement à distance Paces (« première année commune des études de santé ») pour les étudiants de Boulogne-sur-Mer. Mais une centaine d’inscrits plus tard, le bilan de l’opération apparaît bien maigre, voire contre-productif : alors que l’objectif affiché était de « donner l’opportunité aux étudiants les plus modestes et les plus éloignés géographiquement de suivre cette filière exigeante à un coût moindre », le télé-enseignement semble plus discriminant qu’autre chose avec deux points d’écart dans la moyenne entre étudiants lillois et étudiants boulonnais.

Face à l’échec avoué de cette première expérience, la faculté de médecine a d’abord décidé d’y mettre un terme. C’était sans compter sur le mécontentement des élus locaux, qui après avoir consacré plus de 400 000 euros en 2009 pour l’équipement de télé-enseignement, ne souhaite pas que leur investissement reste lettre morte. La faculté revient sur sa décision et travaille à une reconfiguration du dispositif pour en corriger les défauts. L’accent sera mis sur l’orientation active et la réorientation des étudiants qui ne réussissent pas le concours.

L’analyse des dysfonctionnements montre que le dispositif ne suscite pas suffisamment d’émulation chez les étudiants, l’ambiance étant davantage lycéenne qu’étudiante. Lorsque les étudiants se prennent davantage en main, développent leur autonomie en se logeant par eux-même plutôt qu’en restant chez leurs parents par exemple, ils augmentent leurs chances de réussite. Dès lors est mis en place une procédure d’orientation active pour évaluer les chances de succès des lycéens candidats au télé-enseignement en vue d’un accompagnement plus individualisé. Autre mesure, inciter au redoublement lorsque l’année n’est pas satisfaisante, et réorienter le cas échéant. Bien identifier son public, mieux accompagner : deux règles essentielles pour la réussite d’un projet numérique …

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