Des « états généraux de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur » pour répondre aux besoins de compétences dans le numérique ?

Éducation

Le secteur du numérique manifeste un sérieux besoin en compétences, que ne parviennent pas à combler les établissements d’enseignement supérieur. Avec 32 000 ingénieurs diplômés chaque année, il faudrait monter ce chiffre à 40 000 pour répondre à la demande croissante des entreprises, estime Alain Bravo, président de l’association Pasc@line et directeur général de Supélec. Afin de faire avancer les choses efficacement, la voie de l’apprentissage peut se révéler bonne, à condition bien sûr de lever les obstacles. Pour cela, son association en appelle à des « états généraux de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur » …

« Il est aujourd’hui nécessaire d’organiser des ‘états généraux de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur’ en concertation avec le milieu professionnel et l’État », considère Alain Bravo, président de l’association Pasc@line et directeur général de Supélec. Le constat est simple : alors que les besoins en compétences de niveau bac+5 se font pressant pour les entreprises du secteur du numérique, 32 000 ingénieurs sont formés par an soit 8 000 de moins que nécessaire, estime-t-il. Pour parvenir à l’objectif de 40 000 ingénieurs par an, « il existe deux voies : l’apprentissage et l’attractivité internationale ».

Les écoles supérieures délivrent déjà 12 % des formations par apprentissage, et ce chiffre montera « bientôt à 15 % », analyse Alain Bravo. Pour les élèves inscrits dans ces filières, « leur scolarité est comparable à celles des autres, et ils apportent une approche des technologies très complémentaire par rapport à ceux qui ont fait une classe préparatoire ».

Problème de financement

Problème, « les voies bac+5 en apprentissage ne fonctionnent pas très bien » car les écoles supérieures sont financées pour cela « au tiers de ce que leur coûte un étudiant », selon le président de Pasc@line. La problématique concerne les écoles mais aussi les universités, et du côté des PME « l’apprentissage constitue une opportunité de recrutement efficace et peu coûteuse »

Mais la solution de l’apprentissage pour les Bac+5 se confronte à « un problème de financement » avec des entreprises qui « doivent investir dans l’encadrement des apprentis, ce qui représente du ‘temps-homme’ ». Le principe d’états généraux permettrait de discuter notamment de « la mobilisation des fonds de l’apprentissage sur les formations du supérieur ».

L’association Pasc@line, créée en 2006, annonce représenter plus de 1 200 entreprises à travers les syndicats professionnels CICF (Chambre de l’ingénierie et du conseil de France) et Syntec numérique, ainsi que plus de 70 établissements d’enseignement supérieur. Agissant pour la promotion des métiers d’ingénieurs dans le secteur du numérique, elle intervient sur les champs de l’enseignement scolaire et supérieur.

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